Valérie Sauteret, Directrice de la Communication, de la Marque et de la RSE - Europcar Mobility Group, souhaitait trouver une formation pour appuyer ses engagements professionnels et personnels pour la transition écologique. Elle a choisi de suivre le Certificat Transition écologique et transformation d’entreprise. Entretien. 

Pourquoi avez-vous eu envie de repenser votre carrière ou d’évoluer professionnellement ?

En 2018, quand j’ai rejoint Europcar Mobility Group, on m’a confié la responsabilité du programme RSE du Groupe, en plus de la Communication. C’était alors un périmètre d’activité de nature très réglementaire : avec notamment la production de la déclaration de performance extra-financière tous les ans. Très honnêtement, je n’ai pas vu tout de suite la portée du sujet, même si j’avais déjà une expérience de la RSE, de par mon précédent poste. Mais j’ai eu progressivement un éveil de ma conscience des enjeux environnementaux, qui s’est joué en plusieurs  "salves" : au gré de lectures et en visionnant des documentaires chocs. Je citerais les rapports du Giec bien sûr, mais aussi la lecture de Sapiens de Yuval Noah Harari et du Bug Humain de Sébastien Bolher, les conférences d’Aurélien Barrau et celles d’Hubert Reeves, les posts de Jean-Marc Jancovici sur LinkedIn, les documentaires d’Arte sur l’état de la planète, comme  "L’Homme a mangé la terre", et bien d’autres encore… J’ai eu comme l’impression que tout cela clarifiait le sentiment diffus qui m’habitait depuis quelques années ; sentiment que "quelque chose ne tournait pas rond". A ceci s’ajoute le fait que j’ai eu 50 ans dernièrement : le même âge, plus ou moins, que le rapport Meadows, qui fut parmi les premiers rapports d’expert à sonner l’alerte et à parler d’une limite à la croissance. Pour moi, qui est déjà en charge de la RSE de mon entreprise, il ne s’agissait pas d’un virage à 360° : il s’agissait de conduire mieux, plus vite et plus en profondeur, les programmes dont j'ai déjà la charge, comme par exemple le plan de réduction carbone d’Europcar Mobility Group. J’avais besoin d’avoir toutes les clés de compréhension pour cela. J’avais aussi besoin de confronter mes connaissances – fragiles – à celles d’experts reconnus. Enfin, je cherchais une confirmation : dans cette transition écologique qui nous concerne tous, où puis-je être la plus utile, où puis-je avoir le plus d’impact ?

Qu’êtes-vous venue chercher à Sciences Po Executive Education et pourquoi ?

Je suis une ancienne de Sciences Po Lyon et cette formation m’a marquée "à vie" : au sens positif, car je considère qu’une grande partie de ma culture personnelle et ma façon d’appréhender le monde me viennent de cette formation initiale. J’ai gardé une grande affection pour cette formation, qui n’a jamais supplanté les autres que j’ai pu faire par la suite ; dont une business school et un master à l’université et pas mal de formations continues. Donc c’est tout naturellement vers Sciences Po Executive Education que je me suis tournée pour savoir si quelque chose existait sur le sujet de la transition écologique. Au-delà de ce "lien" personnel, je pense que seul SciencesPo sait associer l’apport des sciences humaines – qui donne la hauteur de vue et le recul nécessaire - avec la pratique professionnelle et les exigences des métiers dans lesquels nous évoluons. Il y a des allers-retours constants entre ces deux mondes et, face au grand défi climatique – probablement le plus grand défi de l’histoire de l’humanité – nous allons tous avoir besoin de mixer ces ressources.

Quels sont les points forts de la formation d’après vous ?

Le programme est extrêmement bien pensé. On part des constats, du diagnostic : enjeux climatiques, enjeux de biodiversité. Et on évolue vers toutes les solutions connues, envisagées à date, secteur par secteur : agro-alimentaire, construction, mobilité et transports… secteurs les plus impactés par le changement climatique et les plus émetteurs de carbone. Le panorama des acteurs de la transition écologique est également très complet : institutions européennes, monde de la finance, ONG, lobbyistes… Quant au cas pratique, c’est un bon exercice pour se confronter à une problématique, même s’il nous plonge dans les affres de la complexité d’une mise en œuvre ! J’ajouterais que la taille de la promo est idéale : une dizaine de personnes, cela donne une vraie capacité à échanger à la fois avec les enseignants et entre nous. Enfin, je donnerais une appréciation très positive sur l’organisation : fluide, avec l’envoi du programme de chaque session en amont, le lieu de formation hyper central et les déjeuners ensemble qui permettent de prolonger les débats que nous avons pendant les cours. 

Un souvenir marquant pour vous ?

Très difficile d’extraire un souvenir plus marquant qu’un autre ! Une note d’ambiance générale : beaucoup de convivialité dans cette formation, alors même que chaque intervenant, chaque cours nous a véritablement « secoués » par des apports de connaissances sans concessions qui auraient pu nous déprimer un peu plus ! Personnellement, je retiendrais l’intervention de Sébastien Treyer de l’IDDRI, en introduction du parcours de formation. Mais aussi celle de Sylvain Lambert, de Price Waterhouse Coopers, sur le rôle des entreprises dans la transition écologique, de Nicolas Berghmans, sur le rôle de l’Europe. J’ai aussi adoré le module sur la finance durable. En fait, j’ai évidemment beaucoup appris de chacun et dans certains cas, j’ai eu le sentiment que je n’étais pas dans la mauvaise direction dans l’exercice de ma fonction.

Un conseil pour celles et ceux qui hésiteraient à se lancer ?

N’hésitez-pas ! Vous ne le regretterez pas. Evidemment, c’est une formation qui prend du temps ; les deux jours par mois reviennent vite et si vous êtes dans une activité professionnelle, cela suppose évidemment un peu d’organisation personnelle. Et à l’heure où j’écris ce témoignage, il y a évidemment la question du cas pratique, que je n’ai pas encore rendu et qui, il est vrai, est un peu un « challenge » pour pouvoir gérer tout de front. Mais je pense aussi que le défi climatique va requérir cela, chez chacun de nous : de la plasticité, une capacité à s’organiser, à sortir de sa zone de confort et de ses habitudes.

Contenu réalisé en partenariat avec SciencesPo Executive Education