Les grandes entreprises françaises ne remplissent pas leurs objectifs d’électrification de leurs flottes de véhicules.

Si elles ne représentent qu’environ 7 % des véhicules en circulation en France, les flottes d’entreprises sont en revanche renouvelées plus régulièrement et disposent d’un budget moyen plus élevé. Elles constituent donc un bon indicateur de l’évolution à long terme du marché et de la progression. Et selon une étude publiée par Transport & Environement, le compte n’y est pas pour ce qui est de l’électrification des flottes d’entreprises.

Des quotas non respectés

Depuis quelques années, les entreprises exploitant plus de 100 véhicules légers (3447 dans l’hexagone), doivent intégrer un quota de véhicules à faibles émissions dans leurs commandes. En 2022 et 2023, ce dernier était de 10 % et malheureusement le compte est loin d’être atteint. Ce sont en effet 60 % des entreprises concernées qui ne rentrent pas dans les clous. Un chiffre certes en amélioration depuis l’an passé (66 % en 2022), mais qui reste d’autant plus décevant que seulement 8 % des véhicules neufs achetés par les grandes entreprises sont électriques. À titre de comparaison, 22 % des véhicules acquis par les ménages sont électriques alors que leur budget moyen est pourtant plus bas...

Le rapport fait également une liste des bons et des mauvais élèves. Parmi les cancres, on retrouve donc Iliad-Free, avec seulement 1 % de véhicules électriques, mais aussi des géants du CAC40 comme Air Liquide et Carrefour. D’autres se distinguent en revanche par leur politique d’électrification agressive, on peut ainsi saluer EDF (40 %), La Poste (46 %) ou encore SPIE (60%).

Forcer la main des mauvais joueurs

Pour atteindre les objectifs jusqu’ici non respectés, une proposition de loi Renaissance est prévue pour durcir les conditions. Au menu de cette réforme, Adam : l’exclusion des véhicules hybrides rechargeables, mais aussi des amendes et surtout des restrictions d’accès aux marchés publics.

"À elle seule, la réforme Adam réduira les émissions du secteur automobile de 57 millions de tonnes de CO2 en dix ans. C’est comme si le trafic aérien français s’arrêtait totalement pendant presque 2 ans et demi" poursuit Léo Larivière, Responsable Plaidoyer Transition Automobile chez Transport & Environment.

Principal impact de cette réforme, l’acquisition de 3,7 millions de véhicules électriques supplémentaires entre 2025 et 2035, mais aussi l’injection de deux millions de véhicules électriques sur le marché de l’occasion sur la même période.

François Arias

Newsletter Flash

Pour recevoir la newsletter 100 Transitions,
merci de renseigner votre mail

{emailcloak=off}