Le groupe annonce une restructuration majeure de sa gouvernance, visant à renforcer son efficacité organisationnelle face aux défis du programme EPR2 et de la relance des investissements hydroélectriques.
EDF entend “relever ces défis structurants au service de la souveraineté énergétique et industrielle” de la France avec “une exigence permanente de sûreté, de sécurité et de santé”, dixit un communiqué de presse publié le 8 juillet 2025.
Pour ce faire, le Groupe fait évoluer sa gouvernance : Jean Casabianca, inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection (IGSNR), se voit confier la mission de proposer une organisation unifiée regroupant la sûreté nucléaire, la sûreté hydraulique, la sécurité et la santé. Cette structure sera directement rattachée au président-directeur général, soulignant l'importance stratégique accordée à ces enjeux de sûreté.
Fort de 42 années dans l'Armée française, dont 22 années d'embarquement sur des sous-marins nucléaires et un poste d'ingénieur en chef du porte-avions Charles De Gaulle, l'amiral Casabianca apporte une expertise technique reconnue à cette fonction cruciale.
Nouvelle organisation
Xavier Gruz, directeur des programmes nucléaires du Groupe, intègre immédiatement le comité exécutif avec pour mission la préfiguration de la maîtrise d'ouvrage du nouveau nucléaire. Cette fonction stratégique sera également rattachée directement au président-directeur général, illustrant la priorité accordée au programme EPR2.
Diplômé de l'École nationale des Ponts et Chaussées, Xavier Gruz bénéficie d'une solide expérience dans la gestion de grands projets d'infrastructure, notamment la Ligne Grande-Vitesse Rhin-Rhône et le projet EOLE pour le RER E.
Parallèlement, Thierry Le Mouroux, membre du comité exécutif en charge de la direction projets et construction, proposera la mise en place d'une maîtrise d'œuvre du nouveau nucléaire. Cette organisation regroupera les équipes de la direction projets et construction avec celles d'Edvance et de la supply chain, actuellement intégrées à la direction ingénierie et supply chain.
Valorisation de l'hydroélectricité
Emmanuelle Verger, directrice d'EDF Hydro, rejoint également le comité exécutif avec effet immédiat, témoignant de la volonté du groupe de renforcer ses activités hydrauliques. Diplômée de l'École Polytechnique et de l'École nationale des Ponts et Chaussées, elle dirige le parc hydraulique d'EDF depuis avril 2022 et possède une expertise approfondie du secteur nucléaire, notamment dans le déploiement du modèle EPR en Chine.
La restructuration s'accompagne de nominations à des postes clés. Nicolas Machtou, actuellement directeur des programmes nucléaires d’EDF, prendra la responsabilité du secrétariat général du Groupe à compter du 1er septembre 2025. Conseiller référendaire à la Cour des comptes, il apporte une expertise précieuse en matière de régulation énergétique.
Clarifier les responsabilités
Elisabeth Terrail, directrice des ressources humaines de Framatome, rejoindra le comité exécutif en tant que directrice des ressources humaines du Groupe à la même date. Selon Bernard Fontana, président-directeur général d'EDF, cette évolution vise à "renforcer la performance industrielle du Groupe au service de la relance du nucléaire et de l'hydroélectricité" avec des objectifs clairs : clarifier les responsabilités, accélérer les prises de décisions et la vitesse d'exécution, tout en mobilisant pleinement les compétences du groupe et de ses partenaires.
La restructuration s'inscrit dans une démarche d'optimisation des interfaces et de renforcement de l'approche partenariale avec les acteurs industriels clés comme Arabelle Solutions, Framatome et les partenaires de la supply chain.
Cette réorganisation intervient dans un contexte où le groupe doit concilier exigences de sûreté, impératifs de performance et ambitions de souveraineté énergétique nationale.
La rédaction
